Le 30/03/2021


Retour sur la Journée Technique les voies de valorisation matures et émergentes du bois et de ses co-produits

Organisée par les pôles de compétitivité AXELERA, XYLOFUTUR et l'interprofession de la filière forêt-bois Fibois, la journée technique de jeudi 25 février 2021 sur Les voies de valorisation matures et émergentes du bois et de ses coproduits a réuni 50 participants. L’objectif de cette matinale était de participer au rapprochement des acteurs de l'amont de la filière (exploitants forestiers, scieries,  etc...) et des acteurs de l’aval développant des technologies de valorisation du bois en présentant un panorama des voies de valorisation illustré par des exemples concrets de projets industriels aboutis ou encore en phase de R&D.

Description

La session a débuté par une présentation des voies de valorisations matures et émergentes du bois et de ses coproduits assurée par Michael Lecourt et Denilson Da Silva Perez du FCBA : les intervenants ont rappelé que la forêt française présente une grande diversité d’essences (138 essences d’arbres en France métropolitaine d’après l’Office National des Forêts[1]) et que le bois est une ressource renouvelables d’une grande richesse moléculaire (cellulose, hémicelluloses, lignines, extractibles) pouvant être exploitée à différentes échelles :

  • A l’échelle des particules pour fabriquer des matériaux moulés à dominante bois ou résine, des panneaux de particules, des plots pour palettes, des blocs béton-ciment, (application illustrée par Construction Composite bois), des matériaux composites bois-polymère (application illustrée par MC Plast) etc..
  • A l’échelle de la fibre pour fabriquer différents grades de papiers et cartons, des panneaux de fibres, des matériaux isolants à base de fibres (application illustrée par ISONAT), des fibres textiles ou des micro/nanofibres de celluloses susceptibles d’améliorer les propriétés mécaniques de matrices polymères ou d’améliorer les propriétés barrières de support papier,
  • A l’échelle moléculaire pour fabriquer différents composés chimiques.

Les technologies de valorisation du bois à l’échelle moléculaire sont nombreuses mais leurs niveaux de maturité varient énormément en fonction de la fraction de bois considéré au départ. Si la fraction cellulosique est valorisée industriellement depuis de nombreuses années en produits chimiques tels que l’acétate de cellulose, l’éthyle cellulose ou encore le glucose, les fractions hémi cellulosiques, les lignines et les extractibles sont encore sous exploitées alors qu’elles présentent de forts potentiels sur des marchés à forte valeur ajoutée (chimie, Energie, agroalimentaire etc… ). A titre d’exemple, de nombreux travaux de recherche sont menés sur la lignine pour l’utiliser comme précurseurs dans la fabrication de fibres de carbone, d’adhésifs ou de matériaux isolants.

La matinée s'est poursuivie par la présentation d’exemples de projets aboutis ou en cours de développement illustrant quelques-unes des voies de valorisation citée en introduction :

  • Laurent NOCA, de la société Construction composites Bois a présenté la technologie Lignoroc qui combine les performances du béton-ciment et du bois en proposant des panneaux préfabriqués en béton de bois. Le matériau présente plusieurs avantages pour la construction puisqu’il est biosourcé, résistant au feu, facile à mettre en œuvre sur chantier et offre de bonnes performances thermique et phonique,
  • David TRIOUX, de la société MC Plast a présenté le matériau composite BIOFIBRA composé de PLA recyclé et de farine de bois d’épicéa. De part ses propriétés techniques et ses caractéristiques, BIOFIBRA représente une alternative crédible aux plastiques ABS. Il a été testé avec succès dans la fabrication de pièces de menuiserie (cales de jeu de fenêtres) et peut être transformé par injection, extrusion ou thermoformage,
  • Blaise DUPRE, de la société ISONAT (filiale de Saint-Gobain) a présenté le principe de fabrication et les performances de leurs isolants intérieur et extérieur en fibre de bois (isolants souples de la gamme FLEX et rigides de la gamme MULTISOL et duoprotect),
  • Maïté HURON de la société ETIA Ecotechnologies a présenté la technologie brevetée BIOGREEN, un procédé innovant de conversion thermochimique qui moyennant l’ajustement des paramètres permet d’obtenir différents produits en quantité et en composition différentes : biochar, bio huile et syngaz,
  • Marie-Gabrielle JOUAN, de la société Bgene Genetics a présenté le savoir-faire de son entreprise qui utilise la machinerie cellulaire de micro-organismes pour produire des molécules à forte valeur ajoutée destinées à la cosmétique ou à la parfumerie à partir de coproduits du bois,
  • Yaniv DOUIEB de la société Axens a présenté la technologie Futurol. Développée en France entre 2008 et 2018 par onze partenaires, cette technologie permet de produire du bioéthanol avancé – substitut à l’essence – par la fermentation de sucres grâce à des enzymes et des levures. La matière première utilisée est lignocellulosique (résidus agricoles, cultures énergétiques comme le miscanthus…). Le procédé est aujourd’hui mature et en 2020 Axens a signé un premier accord de licence pour la vente du procédé Futurol à la société croate INA,
  • Enfin Madeleine ALPHEN d’ ATEE (Association technique énergie environnement) a présenté le club pyrogazeification animé par l’association, la filière et ses enjeux ainsi que quelques exemples de réalisations.

 

[1] https://www.onf.fr/onf/forets-et-espaces-naturels/+/20::les-forets-de-nos-territoires.html

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