21/11/2019

Semaine Européenne de la Réduction des Déchets

En cette semaine européenne de la réduction des déchets, faisons un point sur l’initiative d’une association adhérente du pôle AXELERA qui lutte pour la préservation des océans: The SeaCleaners.

« The SeaCleaners »

The SeaCleaners est une association d’intérêt général pour la préservation des océans créée en 2016 par le skipper Yvan Bourgnon. Les équipes de The SeaCleaners travaillent à la réduction de la pollution plastique, et développent des actions autant en mer qu’à terre.

En tant que membre observateur de l’ONU Environnement, et soutenue par la fondation Albert de Monaco, l’association The SeaCleaners s’est fixée des objectifs qui s’articulent autour de quatre axes :

  • La préservation de l’environnement : avec la collecte des déchets flottants dans les zones de haute densité.
  • L’économie circulaire : avec la mise en place de boucle de revalorisation des déchets collectés.
  • La science : avec la mise à disposition du Manta comme plateforme de recherche et d’étude sur la pollution plastique.
  • La pédagogie : avec le développement d’actions de sensibilisation auprès des populations impactées pour réduire le problème à la source (réduction de la consommation, gestion des déchets, recyclage, etc.).

Le projet MANTA

Afin de lutter contre la pollution plastique des océans, les membres de l’association The SeaCleaners ont imaginé une solution innovante : le Manta. Véritable défi technologique et innovant, ce bateau unique au monde sera capable de collecter, trier et stocker en mer une grande quantité de macro-déchets plastiques flottants, avant qu’ils ne se dégradent et ne soient absorbés par la faune marine ou qu’ils ne sombrent au fond de l’océan, polluant durablement l’environnement.

Crédit photo : The SeaCleaners

Les caractéristiques techniques du MANTA

Le Manta est le premier navire hauturier capable de collecter et de traiter en flux continu de grandes quantités de macro-déchets plastiques flottant à la surface des océans, tout en menant des missions scientifiques et en réalisant des actions de sensibilisation du public et de promotion de l’économie circulaire.

Concentrant dans sa conception de nombreuses technologies innovantes en matière de production d’énergie de sources renouvelables ou limitant son bilan carbone global, l’autonomie énergétique du Manta est maximisée. Le Manta bénéficie par ailleurs d’une manœuvrabilité optimisée et d’un grand rayon d’action qui lui permettent non seulement d’intervenir rapidement dans les zones les plus fortement polluées, (principalement le long des côtes ou dans les estuaires ou embouchures des grands fleuves les plus pollueurs), mais aussi de se rendre sur les zones polluées suite à une catastrophe climatique ou naturelle.

UNE PROPULSION HYBRIDE INNOVANTE POUR UN NAVIRE PROPRE

Pour une empreinte carbone réduite au minimum, le Manta sera propulsé, non seulement par des gréements automatisés, mais aussi par des groupes de propulsion à hélices entraînés par des moteurs électriques.

L’électricité nécessaire à l’alimentation de ces gréements et moteurs électriques sera fournie par les équipements embarqués de production d’énergie de sources renouvelables, par l’unité de valorisation énergétique des déchets collectés et aussi par des groupes électrogènes classiques dont la présence est nécessaire pour garantir la sécurité de l’équipage.

Grande mobilité et rayon d’action illimité

Avec sa propulsion hybride, le Manta dispose de la mobilité nécessaire aux déplacements rapides vers les embouchures et les estuaires des fleuves, là où les nappes de déchets plastiques sont encore concentrées par les vents et les courants, et n’ont pas encore commencé ni à se désagréger, ni à entamer leurs dérives océaniques vers les « continents de plastique ».

Le Manta peut également intervenir rapidement partout dans le monde, suite à une catastrophe naturelle (ouragan, tsunami, …) sur des zones de pollution denses, pour collecter les macro-déchets flottants avant qu’ils ne coulent au fond des mers.

Autonomie optimale

La grande capacité de production et de stockage d’énergie  embarquée à bord, ainsi que la propulsion hybride (à l’aide des voiles et des groupes de propulsion), offrent au Manta une autonomie maximale pour ses déplacements ou ses phases de travail.

Une usine embarquée

Pour collecter, trier, compacter, stocker et valoriser énergétiquement les déchets plastiques

Un système de collecte inédit en mer

Le système de collecte de déchets est l’objet de toutes les attentions. Les bureaux d’étude sont mobilisés pour mettre au point une solution innovante et efficace. Les collecteurs, situés entre les coques du navire, auront la capacité de ramener rapidement les déchets à bord vers l’unité de tri manuel.

Une unité de tri des déchets

En aval du système de collecte, les déchets sont convoyés vers des tables de tri où des opérateurs séparent manuellement les déchets plastiques et métalliques, les matériaux organiques non souillés ou encore les contenants qui pourraient encore contenir des produits toxiques ou dangereux.

Une capacité de stockage optimisée

Les déchets triés sont ensuite acheminés par des convoyeurs vers des broyeurs avant d’être soit dirigés vers les systèmes de conditionnement et d’alimentation de l’unité de valorisation énergétique, soit vers le système de conditionnement pour leur stockage sous forme de big bags qui seront stockés sur les ponts ou dans les cales du Manta. Le Manta peut ainsi stocker l’équivalent de 150 tonnes de déchets de toutes sortes sur ses ponts ou dans ses coques avant de les ramener à terre pour qu’ils soient traités dans des unités de traitement ou de recyclage des déchets.

Une unité de valorisation énergétique des déchets

Une unité de valorisation énergétique des déchets est installée à bord afin de convertir les déchets collectés en électricité. Cette unité comprend tout d’abord des équipements de préparation des déchets pour les sécher et les homogénéiser. Ces déchets préparés sont ensuite convertis en carburants (gaz et huiles) par un procédé de type « Pyrolyse », « Pyrogazéification » ou « Dépolymérisation catalytique » encore à l’étude, avant d’être finalement convertis en électricité.

Les gros débris flottants

Avec ses grues, le Manta pourra aussi sortir de l’eau des débris flottants plus gros (petits filets dérivants, débris venus de la terre, …) pour les stocker à bord et les ramener à terre pour qu’ils soient traités dans des filières dédiées. Les très gros déchets (filets dérivants de plusieurs centaines de mètres, containers perdus par les navires, …) seront quant à eux marqués à l’aide de balises afin qu’ils puissent être facilement repérés, évités et récupérés par les navires dédiés à ce type de récupération.

Une source de données partagées

Pour améliorer les connaissances de la pollution plastique océanique et renforcer la prévention contre la pollution, le Manta permet l’intégration de laboratoires scientifiques qui permettront aux équipes scientifiques à bord de géolocaliser, de quantifier et de caractériser les déchets lors des campagnes de collecte. Les données seront fournies à l’ensemble de la communauté scientifique internationale en Open data.

A propos d’Yvan Bourgnon :

Skipper franco-suisse talentueux, Yvan Bourgnon commence à naviguer dès l’âge de huit ans avec ses parents pour un tour du monde où il découvre l’océan qu’il ne quittera jamais.

Au fil de sa carrière, Yvan s’est forgé un palmarès de course impressionnant en multicoque de sport et également en courses au large sur les bateaux les plus performants.

Avec son frère aîné, Laurent Bourgnon, il a remporté la Transat Jacques-Vabre en 1997.

Détenteur de plusieurs records du monde, il pousse la navigation à l’extrême en entamant une série d’aventures inédites en solitaire, sur son catamaran non-habitable, sans instruments et sans assistance.

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